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Un programme de prévention


Les objectifs pédagogiques de Mission Papillagou

Des films pour découvrir Mission Papillagou

02
Renforcer les communautés éducatives


Des partenariats entre établissement scolaire et acteurs de la ville

Un programme qui s’adapte aux spécificités locales

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Une efficacité attestée


Évaluation quantitative : un projet qui fait boule de neige

Évaluation qualitative : un dispositif qui améliore l’estime de soi des élèves et qui apaise le climat scolaire

Genèse et développement du projet

Un programme de prévention

Le programme « Mission Papillagou » s’appuie sur un outil de médiation ludique conçu pour mener des actions de prévention en direction des collégiens (6ème ou 5ème), dans une quadruple visée : améliorer l’estime de soi des élèves, renforcer leurs compétences psycho-sociales, conscientiser les risques liés à certains comportements et améliorer le climat scolaire.

L’outil de prévention « Mission Papillagou » est une adaptation au contexte des collèges, d’un outil de prévention intitulé « Papillagou et les enfants de Croque-Lune », créé en 1998 par l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie (ANPAA) et l’Institut Suisse de Prévention des Addictions (ISPA). Ce dernier outil avait été validé par la Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie (MILDT) et recommandé pour mener des actions de prévention globale en direction des enfants scolarisés en primaire.

« Mission Papillagou » est une version remaniée de cet outil. Il a été créé, en 2012, par l’association Accueils Préventions Cultures : Intercommunautaire et Solidaire (APCIS), en partenariat avec la Mission Métropolitaine de Prévention des Conduites à Risques (MMPCR) et la Mission de prévention de la violence scolaire du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis.

L’espace imaginaire de l’outil a été réinventé pour lui donner une tonalité « science-fiction ». Certaines activités de l’outil initial ont été supprimées ; d’autres ont été créées pour susciter des questionnements sur les tensions de genre, sur les conduites à risques et sur des réalités spécifiques aux quartiers populaires, en particulier la présence de trafics de drogues qui sollicitent des enfants pour les recruter afin de faire le guet, par exemple. L’outil conserve néanmoins nombre d’activités proposées par « Papillagou et les enfants de Croque-Lune », ainsi que son objectif central, à savoir le développement de l’estime de soi par la promotion des compétences psychosociales.

Dans le contexte d’une diffusion du programme, notamment sur Paris, les promoteurs de Mission Papillagou ont créé ce site Internet en 2021.

Une prévention expérientielle et participative

Les objectifs pédagogiques de
Mission Papillagou

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Renforcer l’estime de soi des enfants

Le désir de faire quelque chose de positif pour soi-même dépend de l’estime que l’élève a pour lui·elle-même. Des sentiments tels que se sentir capable, reconnu et apprécié sont de puissants moteurs de l’estime de soi, qui est facteur de bien-être psychique. Il y a une corrélation entre un déficit d’estime de soi et l’engagement dans des conduites à risque. Il en résulte que les préventeur·trices doivent activement prêter attention à l’enfant et à sa parole et favoriser les processus de reconnaissance mutuelle.

Développer les compétences psychosociales des enfants

L’efficacité du message de prévention dépend de la capacité des élèves à se sentir capable de changer de comportement. Cette capacité dépend du sentiment d’être effectivement « compétent·e » et assez habile pour opérer des transformations dans son comportement et ses relations avec les autres. Il en résulte que les préventeur·trices doivent amener l’enfant à percevoir qu’il·elle a des compétences et des ressources personnelles et qu’il·elle peut demander de l’aide et mobiliser des ressources aidantes de son entourage.

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Conscientiser les risques

L’efficacité du message de prévention dépend encore de la capacité de l’élève à se déprendre de formes délétères et paradoxales de valorisation de soi, en particulier par l’adoption de conduites à risque qui permettent d’acquérir une forme de prestige aux yeux des autres. Pour accompagner ce processus, les préventeur·trices vont favoriser la prise de conscience des risques qu’entraînent certaines conduites ainsi que l’initiation à d’autres modalités de valorisation de soi.

Promouvoir le vivre-ensemble et l’amélioration du climat scolaire

Pour ancrer durablement les transformations positives du comportement, l’élève doit être capable de percevoir qu’un changement sera positivement accueilli par son groupe d’appartenance (notamment par les camarades de son groupe-classe). Le rôle du·de la préventeur·trice sera d’intervenir en médiation avec le groupe afin que les changements soient perçus comme positifs.

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Des créations réalisées par nos partenaires

Des films pour découvrir Mission Papillagou

Trois films réalisés par des partenaires vous permettront de prendre connaissance de ce programme et de vous rendre concrète la démarche du programme « Mission Papillagou »

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Un film de 20 mn, réalisé par l'APSV
en 2017

Mission Papillagou, un outil de prévention par le développement des compétences psychosociales

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« Mission Papillagou, un outil de prévention par le développement des compétences psychosociales », a été réalisé par l’APSV (Association de prévention du site de La Villette) dans le cadre de ses ateliers Radio Télé La Villette.

Le film présente des séances de Mission Papillagou avec la participation de 12 élèves du collège G. Méliès (19e) et 8 élèves du collège Barbara (Stains). Les élèves ont participé, hors temps scolaire, a cette action conçue dans le cadre d’un partenariat avec l’Education nationale et les associations MCV (devenue APSAJ) et l’APCIS. La réalisation de ce film a été soutenue financièrement par la MILDECA, la ville de Paris et la MMPCR.

Tournage : Fabien Oliva et Guillaume Pradère-Niquet ; Montage : Arthur Frainet ; Direction : Olivier Flament et Marie Hatet.

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Mots de passe Vidéo

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Voir le Film
Un film de 5 mn, réalisé par Banlieues créatives en 2015

Mission Papillagou

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En 2015, « Banlieues créatives » a réalisé un reportage sur l’action « Mission Papillagou » menée par l’APCIS sur le collège Barbara de Stains. Il met en exergue, outre l’intérêt du projet pour les jeunes, la dimension partenariale du projet (association locale, Education nationale, étudiants infirmiers de l’IFSI Chaptal). Réalisation par Anne Dhoquois

Banlieue créatives
Un film de 20 mn réalisé par ressources plurielles en 2021

Questions sur Mission Papillagou

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Le film « Questions sur le programme de prévention Mission Papillagou » présente la démarche de prévention du programme Mission Papillagou. Emmanuel Meunier (chef de projet MMPCR) et Nicolas Hug (chef de projet APSAJ) répondent aux questions de Ressources Plurielles.

Réalisation par Alexandre Chapelet

Ressources plurielles
Le Partenariat au cœur du projet

Renforcer les communautés éducatives

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Des partenariats entre établissement scolaire et acteurs de la ville

L’un des enjeux majeurs du programme est de renforcer les liens entre le collège et son environnement. Mission Papillagou n’est pas un outil pour un « one shot » : le but est (aussi) d’aider les enfants à repérer sur leur quartier des ressources aidantes et à leur écoute ; de renforcer le partenariat entre ces structures locales et l’établissement scolaire ; et de pérenniser l’action dans le temps. Mener à bien un tel projet requiert une organisation solide qui exige de :
Le programme Mission Papillagou offre un cadre de rencontre entre des structures sociales, sanitaires et éducatives et des établissements scolaires autour d’intérêts communs :
La mise en œuvre du projet suppose une conviction partagée, entre les intervenant·es et l’équipe éducative de l’établissement scolaire, que les deux objectifs (amélioration de l’estime de soi et amélioration du climat scolaire) vont de concert. Mission Papillagou peut être un levier pour développer d’autres actions par la suite (accompagnement renforcé des jeunes, actions de prévention, lien avec les familles, séjours…). La mise en œuvre du programme au sein des collèges :

L’action requiert du temps : 9 heures d’intervention par classe, mobilisant plusieurs adultes, auxquelles s’ajoutent les temps d’organisation et de planification de l’action et de formation des stagiaires. Cet investissement en temps, pour qu’il ne se fasse pas au détriment d’autres missions, justifie des recherches de financement spécifiques.

Pour mener à bien le projet, les acteurs de la ville nouent des partenariats :

La mobilisation de stagiaires est pertinente. En effet, participer à une telle action, après avoir bénéficié d’une formation préalable, est très formateur pour les futur·es professionnel·les. La mobilisation de stagiaires suppose d’avoir convaincu les équipes de formateur·trices que ce stage permettra aux étudiant·es de développer leurs compétences en prévention, compétences transférables dans leur futur cadre professionnel (par exemple dans le cadre de l’éducation thérapeutique du patient pour des étudiant·es en soins infirmiers). Le recours au renfort de stagiaires est positif, car il s’instaure entre ces jeunes professionnel·les et les élèves une relation d’apprenant à apprenant qui favorise les échanges et les liens de confiance.

Un programme déployé en Seine-Saint-Denis et à Paris

Un programme qui s’adapte aux spécificités locales

L’APCIS, association basée à Stains, a élaboré ce programme en 2012, en lien avec la MMPCR. L’association entretenait de longue date des liens étroits avec les collèges de la ville (soutien scolaire, accueil des élèves temporairement exclu·es). ‌Ses interventions dans les collèges sont financées par le Département de la Seine-Saint-Denis (Direction de l’enfance et de la jeunesse), l’ARS et la MILDECA. Elle collabore avec l’Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) Chaptal (Sarcelles), pour mobiliser, dans le cadre de stages de santé publique, des étudiant·es de 2e année, qui viennent renforcer l’équipe de l’APCIS lors de ses interventions. En 2018, Promosanté IDF a relaté l’expérience menée par l’APCIS et décrit la démarche de l’association dans un « Récit d’expérience ». Par ailleurs, l’association LEA (Lieu Accueil Ecoute) a développé le projet sur un collège de Montreuil.

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Collèges
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Élèves
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Collèges
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Élèves

L’Expérience parisienne

En 2016, un collectif de professionnel·les du 19e arrondissement de Paris, réuni·es au sein d’un Groupe « prévention de l’engagement des jeunes dans les trafics » manifeste son intérêt pour Mission Papillagou et se forment à l’outil. En 2017, Mission Papillagou est expérimenté sur un collège avant que l’expérimentation se diffuse sur d’autres établissements. Des partenariats sont noués avec des instituts de formation pour éducat·eur/rices IRTS Parmentier, CEMEA Aubervilliers – et infirm·ier/ères (IFPS Croix-Saint-Simon). Le projet est intégré à la « Stratégie Parisienne de Prévention des Rixes » et reçoit le soutien financier du Service de la Prévention et de la Lutte contre les Exclusions (SEPLEX) de la Ville de Paris, qui finance un poste de coordinateur du projet (rattaché à l’association APSAJ) pour essaimer le projet sur d’autres arrondissements. Depuis 2020, 25 structures parisiennes se sont associées au projet, ainsi que 13 collèges.
Après plusieurs années, il nous est possible de faire un bilan des actions.

Une efficacité attestée

Évaluation quantitative : un programme qui fait boule de neige

En Seine-Saint-Denis, en 2021, deux associations (APCIS à Stains et LEA à Montreuil) participent au projet et mène l’action auprès de classes de 6 e ou 5 e auprès de 6 collèges de Stains, Epinay-sur-Seine et Montreuil.

Sur Paris, en 2021, 25 associations coopérant sur 6 territoires de la prévention spécialisée
mutualisent leurs moyens pour intervenir sur 13 collèges de quatre arrondissements.

En 2020, le confinement strict de mars-mai, les réticences d’établissements scolaires à accueillir dans
ce contexte des animations extérieures, les contaminations qui ont affectés des salariés ou des
étudiants stagiaires ont fortement perturbé l’action. La « résilience » de ce programme, qui s’est
poursuivi malgré la covid19, témoigne de sa robustesse.

Evaluation qualitative : un dispositif qui améliore l’estime de soi des élèves et qui apaise le climat scolaire

En 2016, une évaluation a été menée par l’Unité de Recherche Clinique de l’Établissement public de santé de Ville-Evrard (Virginie Moulier, Fanny Thomas et Dr Dominique Januel). Cette évaluation a été financée par l’APCIS avec le soutien financier de l’ARS 93 et de la MMPCR. L’APCIS a aussi assuré la coordination des collectes de données.

Cette évaluation était randomisée et portait sur 317 élèves de 6e et 5e ayant suivis le programme en 2016 et 96 élèves formant un groupe témoin

Unité de Recherche Clinique
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L'évaluation a porté sur 317 élèves de 6e et 5e de collèges de Stains et d’Epinay-sur-Seine, ayant suivis le programme en 2016 et 96 élèves de collèges d’Epinay-sur-Seine formant un groupe témoin (qui ont bénéficiés du programme, mais plus tard dans l’année, après l'évaluation). L'étude visait à évaluer les effets du programme l'estime de soi des élèves et comment cette amélioration produisait des effets positifs sur le sentiment de bien-être et les comportements des élèves (violences, conduites à risques).

Les élèves bénéficiaires du programme ont rempli un questionnaire 3 semaines avant et 3 semaines après le programme. Ce questionnaire comprenait une grille d’évaluation de l’estime de soi (Echelle ETES), une échelle d'évaluation du bien-être avec des « emojis » (Echelle EVA du bien-être) et un questionnaire sur les troubles psychiques, les conduites à risques et les comportements problématiques qui se sont manifesté au cours des 15 derniers jours. Les élèves du groupe témoin passaient les mêmes questionnaires à 6 semaines d’intervalle. 

L’étude montre que si l’estime de soi (mesurée par l’échelle ETES) des élèves du groupe témoin baisse légèrement (effets des difficultés à s’adapter aux contraintes croissantes du collège, de l’entrée dans l’adolescence, etc.), l’estime de soi des élèves du groupe bénéficiaire s’élève légèrement. De manière plus significative, le tiers d’élèves qui avait le plus faible score d’estime de soi, est celui qui a le plus progressé. Le sentiment de bien-être (mesuré par l’échelle EVA) progresse de même pour le groupe bénéficiaire du programme.

Nos Résultats

Les questionnaires corroboraient ces constats

100%

des élèves du groupe "Papillagou" qui répondaient "Non" ou "Plutôt non" à la question "J’ai le sentiment de réussir à l’école" répondaient "Oui" ou "Plutôt oui" après avoir bénéficié du programme.

73%

des élèves du groupe "Papillagou" qui répondaient "Oui" à la question "…je n’ai pas d’espoir en pensant à l’avenir" répondaient "non" après avoir bénéficié du programme.

69.6%

des élèves du groupe "Papillagou" qui répondaient "Oui" à la question "…je me sens déprimé(e)" répondaient "non" après avoir bénéficié du programme.

59.7%

des élèves du groupe "Papillagou" qui répondaient "Oui" à la question "…je me réveille la nuit" répondaient "non" après avoir bénéficié du programme.

55.2%

des élèves du groupe "Papillagou" qui répondaient "Plutôt d'accord" ou "Tout à fait d'accord" à l'affirmation "Dans l’avenir, je pense fumer du tabac" avait changé d'avis.

79.5%

des élèves font davantage confiance aux camarades de leur classe après Papillagou

65.4%

des élèves du groupe "Papillagou" qui répondaient "Pas d'accord" ou "Plutôt pas d'accord" à l'affirmation "Les garçons et les filles sont égaux et peuvent être camarades" avait changé d'avis.

57.5%

des élèves du groupe "Papillagou" qui répondaient "Pas d'accord" ou "Plutôt pas d'accord" à l'affirmation "En cas de conflit, il faut trouver un arrangement" avait changé d'avis.

53%

des élèves du groupe "Papillagou" qui répondaient "Non" ou "Plutôt non" à l'affirmation "Quand j’ai un problème, je sais qui, parmi les adultes du collège, peut me venir en aide" savait vers qui se tourner.

Publication

Un article publié par BMC psychology

L’étude de l’Unité de Recherche de l’Etablissement public de santé de Ville-Evrard (Virginie Moulier, Fanny Thomas et Dr Dominique Januel) a été publiée (en anglais) par la revue scientifique à comité de lecture « BMC Psychology » en 2019, sous le titre “Effects of a life-skills-based prevention program on self-esteem and risk behaviors in adolescents: a pilot study”

Présentation des résultats par Virginie MOULIER et Fanny THOMAS (EPS Ville-Evrard) lors d’une conférence organisée par la MMPCR le 26 janvier 2018. Vidéo de 24 minutes.

Lire la vidéo
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Une vidéo réalisée par la MMPCR (Mission métropolitaine de prévention des conduites à risques) présente les résultats de l’évaluation par l’URC de l’Établissement Public de Santé de Ville Evrard du programme Mission Papillagou. Cette présentation a été effectuée Virginie MOULIER et Fanny THOMAS (EPS Ville-Evrard) le 26 janvier 2018, dans le cadre d’une conférence inscrite dans un cycle sur les compétences psychosociales, organisée par la MMPCR autour du thème "Les programmes de renforcement des CPS : quels effets sur les élèves ? quels impacts sur le climat scolaire ?"

À venir

Une nouvelle évaluation est à l’étude pour mieux cerner les effets du programme sur le climat scolaire.