Après plusieurs années, il nous est possible de faire un bilan des actions.

Une efficacité attestée

Évaluation quantitative : un programme qui fait boule de neige

En Seine-Saint-Denis, en 2021, deux associations (APCIS à Stains et LEA à Montreuil) participent au projet et mène l’action auprès de classes de 6 e ou 5 e auprès de 6 collèges de Stains, Epinay-sur-Seine et Montreuil.

Sur Paris, en 2021, 25 associations coopérant sur 6 territoires de la prévention spécialisée
mutualisent leurs moyens pour intervenir sur 13 collèges de quatre arrondissements.

En 2020, le confinement strict de mars-mai, les réticences d’établissements scolaires à accueillir dans
ce contexte des animations extérieures, les contaminations qui ont affectés des salariés ou des
étudiants stagiaires ont fortement perturbé l’action. La « résilience » de ce programme, qui s’est
poursuivi malgré la covid19, témoigne de sa robustesse.

Evaluation qualitative : un dispositif qui améliore l’estime de soi des élèves et qui apaise le climat scolaire

En 2016, une évaluation a été menée par l’Unité de Recherche Clinique de l’Établissement public de santé de Ville-Evrard (Virginie Moulier, Fanny Thomas et Dr Dominique Januel). Cette évaluation a été financée par l’APCIS avec le soutien financier de l’ARS 93 et de la MMPCR. L’APCIS a aussi assuré la coordination des collectes de données.

Cette évaluation était randomisée et portait sur 317 élèves de 6e et 5e ayant suivis le programme en 2016 et 96 élèves formant un groupe témoin

Unité de Recherche Clinique
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L'évaluation a porté sur 317 élèves de 6e et 5e de collèges de Stains et d’Epinay-sur-Seine, ayant suivis le programme en 2016 et 96 élèves de collèges d’Epinay-sur-Seine formant un groupe témoin (qui ont bénéficiés du programme, mais plus tard dans l’année, après l'évaluation). L'étude visait à évaluer les effets du programme l'estime de soi des élèves et comment cette amélioration produisait des effets positifs sur le sentiment de bien-être et les comportements des élèves (violences, conduites à risques).

Les élèves bénéficiaires du programme ont rempli un questionnaire 3 semaines avant et 3 semaines après le programme. Ce questionnaire comprenait une grille d’évaluation de l’estime de soi (Echelle ETES), une échelle d'évaluation du bien-être avec des « emojis » (Echelle EVA du bien-être) et un questionnaire sur les troubles psychiques, les conduites à risques et les comportements problématiques qui se sont manifesté au cours des 15 derniers jours. Les élèves du groupe témoin passaient les mêmes questionnaires à 6 semaines d’intervalle. 

L’étude montre que si l’estime de soi (mesurée par l’échelle ETES) des élèves du groupe témoin baisse légèrement (effets des difficultés à s’adapter aux contraintes croissantes du collège, de l’entrée dans l’adolescence, etc.), l’estime de soi des élèves du groupe bénéficiaire s’élève légèrement. De manière plus significative, le tiers d’élèves qui avait le plus faible score d’estime de soi, est celui qui a le plus progressé. Le sentiment de bien-être (mesuré par l’échelle EVA) progresse de même pour le groupe bénéficiaire du programme.

Nos Résultats

Les questionnaires corroboraient ces constats

100%

des élèves du groupe "Papillagou" qui répondaient "Non" ou "Plutôt non" à la question "J’ai le sentiment de réussir à l’école" répondaient "Oui" ou "Plutôt oui" après avoir bénéficié du programme.

73%

des élèves du groupe "Papillagou" qui répondaient "Oui" à la question "…je n’ai pas d’espoir en pensant à l’avenir" répondaient "non" après avoir bénéficié du programme.

69.6%

des élèves du groupe "Papillagou" qui répondaient "Oui" à la question "…je me sens déprimé(e)" répondaient "non" après avoir bénéficié du programme.

59.7%

des élèves du groupe "Papillagou" qui répondaient "Oui" à la question "…je me réveille la nuit" répondaient "non" après avoir bénéficié du programme.

55.2%

des élèves du groupe "Papillagou" qui répondaient "Plutôt d'accord" ou "Tout à fait d'accord" à l'affirmation "Dans l’avenir, je pense fumer du tabac" avait changé d'avis.

79.5%

des élèves font davantage confiance aux camarades de leur classe après Papillagou

65.4%

des élèves du groupe "Papillagou" qui répondaient "Pas d'accord" ou "Plutôt pas d'accord" à l'affirmation "Les garçons et les filles sont égaux et peuvent être camarades" avait changé d'avis.

57.5%

des élèves du groupe "Papillagou" qui répondaient "Pas d'accord" ou "Plutôt pas d'accord" à l'affirmation "En cas de conflit, il faut trouver un arrangement" avait changé d'avis.

53%

des élèves du groupe "Papillagou" qui répondaient "Non" ou "Plutôt non" à l'affirmation "Quand j’ai un problème, je sais qui, parmi les adultes du collège, peut me venir en aide" savait vers qui se tourner.

Publication

Un article publié par BMC psychology

L’étude de l’Unité de Recherche de l’Etablissement public de santé de Ville-Evrard (Virginie Moulier, Fanny Thomas et Dr Dominique Januel) a été publiée (en anglais) par la revue scientifique à comité de lecture « BMC Psychology » en 2019, sous le titre “Effects of a life-skills-based prevention program on self-esteem and risk behaviors in adolescents: a pilot study”

Présentation des résultats par Virginie MOULIER et Fanny THOMAS (EPS Ville-Evrard) lors d’une conférence organisée par la MMPCR le 26 janvier 2018. Vidéo de 24 minutes.

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Une vidéo réalisée par la MMPCR (Mission métropolitaine de prévention des conduites à risques) présente les résultats de l’évaluation par l’URC de l’Établissement Public de Santé de Ville Evrard du programme Mission Papillagou. Cette présentation a été effectuée Virginie MOULIER et Fanny THOMAS (EPS Ville-Evrard) le 26 janvier 2018, dans le cadre d’une conférence inscrite dans un cycle sur les compétences psychosociales, organisée par la MMPCR autour du thème "Les programmes de renforcement des CPS : quels effets sur les élèves ? quels impacts sur le climat scolaire ?"

À venir

Une nouvelle évaluation est à l’étude pour mieux cerner les effets du programme sur le climat scolaire.